L’interview du dimanche : Lily Cox

L’interview du dimanche s’est faite attendre…. la voici.

J’ai rencontré Coralie, la créatrice qui se cache derrière Lily Cox lors du marché de Noël du Café Couture, en décembre dernier et j’ai apprécié la façon dont celle-ci “pensait” la création, notamment celle de vêtements pour femmes. Et sa manière de parler de ses clientes, de son photographe, de ses mannequins. J’ai ressenti beaucoup de respect dans sa manière de travailler avec ou pour les gens.

D’où mon envie d’aller la voir pour savoir quelle est sa démarche ? Comment elle procède pour créer sa collection ?

 

D’où t’es venue l’envie de créer ta marque de vêtements ?

J’ai fait une formation de stylisme en reconversion professionnelle à 30 ans, puis j’ai travaillé comme assistante sur une collection qui a très bien marché. Ce succès m’a donné confiance en moi et m’a poussé à me lancer, et à créer Lily Cox, il y a 5 ans.

 

Tu as deux collections par an, d’où naissent tes idées ?

Des idées, j’en ai tout le temps. Cependant je ne crée pas, contrairement aux grosses entreprises, en fonction d’un cahier de tendances.  Je me force à ne pas regarder les défilés par exemple pour ne pas être trop influencée. Je crée en fonction de ce que je vois, lis, entends. Tout peut m’inspirer. La façon dont une personne est habillée dans la rue, une expo, un film, un concert. Un de mes collections est née ainsi lors d’un concert, du look d’un chanteur, dont le guitariste vannait constamment sa récente moustache. Cela m’a beaucoup amusée et fait germer l’idée d’une collection “moustachue”.

Parfois je pars d’une idée, comme avec l’exemple de la moustache, et je cherche un tissu.

Parfois c’est aussi l’inverse, je tombe sur un tissu que j’aime beaucoup, que je souhaite exploiter et j’imagine ma collection autour.

 

Où trouves-tu tes tissus ?

J’aime particulièrement deux designers textiles de patchwork : Alexander Henry et Michael Miller.

Leurs designs sont très contemporains, leur coton est parfait pour l’utilisation que j’en fais.

Le reste  je le trouve en France.

 

Comment construis-tu ta collection ?

J’utilise donc une idée, ou un tissu clin d’oeil que je vais décliner sur toute la collection, de manière plus ou moins forte sur chaque vêtement.

J’ai mes patrons de base, notamment deux trois robes, une combinaison, un pantalon, qui sont flatteurs sur toutes les femmes, même si le rendu n’est pas le même. Et je les retravaille ensuite en fonction de l’impression générale que je veux donner.

Il y a toujours une pièce maîtresse dans ma collection, qui attirer les regards, que les gens vont retenir.

Globalement je veille donc à ce que les pièces qui plaisent soient récurrentes, avec de légères modifications. Et d’introduire quelques nouveautés pour donner un nouveau souffle à la collection.

 

Qu’est-ce que tes clientes apprécient le plus dans ton travail ?

Elles aiment beaucoup le côté “classique, avec une touche en plus”. Souvent pour raisons professionnelles elles doivent s’habiller classique, mais le côté décalé de certains détails leur permet de ne pas s’ennuyer en s’habillant.

Le fait que je ne m’inscrive pas dans la mode, que mes créations soient intemporelles, est apprécié car elles restent portables année après année. De même que l’originalité des vêtements, qui leur permet de ne pas se sentir “habillées comme tout le monde“.

Je fais attention à ce que mes vêtements soient confortables, qu’ils n’aient pas forcément besoin d’être repassés, et c’est également un détail appréciable pour elles.

A côté de ça, je veille à être honnête envers mes clientes lorsqu’elles essaient mes créations. En fonction de leur morphologie, de leur gamme de couleurs, je vais les diriger vers les vêtements qui les mettent le plus en valeur. 

 

Qu’est ce qui te plaît le plus dans l’acte créateur ?

Je prends beaucoup de plaisir à travailler des matières “lambda”, des simples cotons et les mettre en valeur, par le style des vêtements, par les dessins. De ce fait, je me suis beaucoup amusée à créer et mon travail reste accessible en terme de coût à mes clientes.

 

 – Quelle est la création dont tu es la plus fière ?

C’est le sac bowling, qui amuse et étonne. J’utilise du tissu et du bulgomme  quelque chose d’assez vilain, pour en faire un sac drôle et décalé. Cet exercice de détournement me plaît beaucoup et me représente assez.

 

Est-ce qu’il y a des partenaires avec qui tu aimes particulièrement travailler ?

Depuis le début je travaille avec un photographe qui fait tous mes shootings et des mannequins pour les shootings et les défilés. Je veille toujours à ce que l’ambiance soit sympa et que cela soit un moment de travail aussi agréable pour elles que pour moi.

 

Quels sont tes projets pour la suite ?

Le textile et la création étant des marchés très concurrentiels, je vais cibler davantage mes créations, en utilisant justement ce côté décalé. Certains styles vestimentaires sont pauvres en propositions, notamment celles de qualité, made in France. C’est un marché où je pourrais à la fois prendre beaucoup de plaisir à créer, et avoir une clientèle.

Je réalise de ce fait que je vais davantage vendre à distance, nécessairement et envisage d’ouvrir une boutique en ligne. 

 

*****************************

Merci beaucoup à Coralie d’avoir répondu à mes questions. C’est à chaque fois passionnant de découvrir une nouvelle manière de créer.

Je vous laisse aller voir ses collections, présentes sur son site ou dans ses albums FB. Vous verrez ainsi de vos yeux son style, classique, mais avec une bonne touche de fantaisie.

 

Crédits photos : Xavier H.) Agence Arise

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