L’appliqué-inversé, d’où ça vient ?

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Crédit photo : détail d’une oeuvre par Venancio Restrepo, photo sous Creative Commons.

J’ai rencontré pour la première fois la technique de l’appliqué inversé au Laos, dans une coopérative textile. Alors que je n’achetais que rarement des “souvenirs” j’ai pris une petite trousse, parce que le motif me plaisait, que la technique m’intriguait. Je ne sais pas ce que j’ai fait de cette trousse… elle est certainement bien rangée au fond d’une caisse, mais où ?

Puis j’ai revu cette technique chez les Hmong, au Vietnam, puis en Inde du Nord.

Avec à chaque fois des couleurs différentes, et des motifs différents.

Cependant pour avoir regardé de près comment ça se faisait, cela me semblait compliqué. 

Ensuite, lorsque le textile est devenu une vraie passion, j’ai découvert les molas, ces appliqués-inversésdes indiens Kunas. Concernant cette technique je vais vous renvoyer vers un autre blog d’un voyageur au Panama où vous pourrez voir des photos et les explications qui vont avec. 

Nathalie Dentzer en donne la définition, sur son blog, et vous offre même un cours, pour réaliser un mola. Vous trouverez également plein d’informations sur le site Mola Art and Craft Shop.

Comme dans la broderie, dans la broderie, tout n’est que ré-invention, ré-utilisation, il suffit pour cela de regarder l’universalité des points de broderie. Prenez un ouvrage comme celui de Catherine Legrand, Textiles et Vêtements du Monde, Carnet de voyage d’une styliste, amusez-vous à comparer les points de broderie des ouvrages des différents pays, et vous trouverez plein de similitudes. Souvent ces points sont nés du même besoin et ont donc la même utilité, comme le point de bourdon. Les autres sont décoratifs mais ils se recoupent. Ils portent bien entendu des noms différents. Ceci est valable y compris pour différentes régions de France. Vous le verrez notamment lors d’ateliers de broderie, où il est parfois difficile de se comprendre sans montrer directement les points.

Puis il y a peu j’ai découvert le travail de Nathalie Chanin, ses livres, et la façon dont elle travaille avec l’appliqué inversé. Elle utilise cette technique avec du jersey bio, dans une démarche de couture lente, le “slow-fashion”. Où les pièces sont cousues à la main, de manière consciente. Alors, certes elles sont chères, mais les vêtements ainsi faits sont beaux, éthiques, solides et surtout uniques.

Cette découverte a pour moi été un tournant car elle est arrivée de manière concomitante avec le fait de vouloir consommer moins. N’acheter que le minimum de vêtements, de tissus, recycler/upcycler au maximum. Et ça fonctionne, nous avons moins dans l’appartement, les enfants ont plus de place, nous sommes mieux. Avoir moins de vêtements mais de belles pièces s’inscrit complètement dans cette prise de conscience.

Le seul bémol est une contrainte majeure qui m’oblige à attendre : je fluctue entre plusieurs tailles, en fonction de mon état de santé. Je commence doucement à comprendre quels vêtements coudre pour prendre en compte ce paramètre… j’y suis presque.

Tout ça pour arriver au fait à la constatation que oui, l’appliqué-inversé en utilisant le jersey est une excellente idée ! Le jersey ne s’effiloche pas, lorsqu’on coupe, il ne bouge pas. Ca enlève une contrainte énorme à la technique de la mola : celle de rentrer un à un les bouts de tissu, et de faire des tous petits points pour bien les rentrer.

De plus, nous utilisons tellement de vêtements en jersey qu’il est toujours simple d’en recycler. Prenez les tshirts publicitaires, ils sont toujours en jersey. C’est un bon moyen de s’exercer, sans acheter.

Avant de faire un vêtement il est bon de tester la technique sur de petites surfaces, pour voir les erreurs à éviter, j’en parlerai. Et s’exercer à être régulier.

J’espère que ce petit topo vous a plu et vous a donné l’eau à la bouche….

Le premier était sur les matériaux qu’il était possible d’utiliser. Le prochain sera sur les participantes du SAL. A très bientôt !

 

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7 thoughts on “L’appliqué-inversé, d’où ça vient ?

  1. D’abord un grand merci pour ton article dont je me délecte , première lecture du matin. Bien que n’étant pas à proprement parler -artiste textile- le tissu, le point qui relie me touche et me concerne. Ta vision large et consciente de la consommation, de ce que l’on produit et utilise en tant qu’artiste me touche et donc grand merci pour ces lignes et les envies que tu suscites.

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