Charles Fréger, photographe & ethnographe, coiffes bretonnes

Charles Fréger est un photographe dont le dernier vernissage à Rouen fut l’un des plus beaux qu’il m’eut été donné de voir. 

Une première partie se déroulait au Pôle Image, lieu dont nous estimons chanceux de vivre dans les parages, où était exposée sa série sur les éléphants indiens de Jaïpur.  Puis une performance nous emmenait jusqu’à l’abbatiale Saint-Ouest, près de l’Hôtel de Ville, qui hébergeait 75 tirages issus de la série Wilder Mann.

Je savais qu’il fignolait une série sur les coiffes bretonnes et je l’attendais avec impatience. En effet son travail, tel un musico-ethnologue qui recueille sur le terrain des milliers d’enregistrement, illustre souvent les ornements.

Wilder Mann ou la figure du sauvage est un recueil de photographies de costumes populaires européens figurant “l’homme sauvage”. Ils sont portés lors de fêtes, festivals ancestraux, et sont composés de masques, d’accessoires, de costumes entiers souvent d’origine animale et végétale. Ces portraits sont imposants, effrayants parfois.

Il a  ensuite commencé à travailler sur les coiffes bretonnes, mais une pause s’imposait, d’où une série sur les éléphants indiens, ornés et peints, avec leur cornac.

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La série sur les coiffes vient juste de sortir, elle est visible sur le site du National Geographic. Une mince sélection est visible ci-dessous.

C’est drôle pour moi de voir deux, voire trois centres d’intérêts se rejoindre, le monde de la photographie que je suis de loin, le monde du textile où je jubile, et celui-là de la sociologie où je passe mes journées.

Pour moi il s’apparente à Walker Evans, un photographe américain qui  a photographié la grande pauvreté dans les années 40. Son oeuvre artistique est un recueil de données précieux et participe au travail de mémoire que nous portons vis-vis-vis de traditions séculaires.

05-06-morbihan-finistere-pairing-890Toutes les photos appartiennent à Charles Fréger, elles ne sont pas libres de droit. Elles proviennent de  National Geographic.01-breton-women-fashion-890

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7 thoughts on “Charles Fréger, photographe & ethnographe, coiffes bretonnes

  1. Bonjour, je suis allée en Inde 4 fois déjà; un jour, près de Hampi (Karnataka) je suis tombée sur des nomades indiennes incroyables (j’ai dû il y a 2 ans publier des photos sur mon blog) et ells m’ont menée chez un………..français marié à une indienne et à une cooperative de brodeuses qu’elle dirige; avec l’argent des broderies, ells a ouvert un dispensaire. Je parlais à son mari et lui disais qu’ily avait une analogie entre certaines de ces broderies et la broderie bretonne; ça l’a frappé, il était justement ………Breton ! Au Coeur de l’Inde, ce Breton marié à une indienne….qui reconnaissait un certain fil rouge…………(couleurs, manière de broder…)Il y a un site, je peux le retrouver si ça t’intéresse,mais il est peu alimenté………
    Merci pour ces très belles photos que je ne connaissais pas.

    • Bonjour Anne,
      Ce qui est beau dans la broderie, c’est que c’est universel. Les points sont peu ou prous les mêmes, les techniques se recoupent souvent.
      Pour preuve l’ikat se retrouve dans plusieurs pays. Alors certes les marchands contribuaient à faire voyager ces techniques, mais il y avait aussi une émergence simultanée (comme le feu) d’un travail en particulier.
      Dans ton exemple, je trouve ça magnifique qu’ils s’en rendent compte à un moment, avoir qu’il n’en avait jamais pris conscience.
      Oui j’aimerai bien avoir le nom et merci pour ton commentaire très intéressant.

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