Quand la Simplicité volontaire rejoint The Wearability Project

DSC_0779En français/ Please let me know if you’re interested by an English version , this concern Voluntary Simplicity and The Wearability Project

Depuis peu sur la toile couturesque, tout le monde en parle : The Wearability Project, de Nessie, alias Eléonore Klein, alias Pachi-pachi, rebaptisé TWD par Clo.

L’idée est simple : ne coudre des vêtements que l’on va porter. Car il est vrai que souvent, entraînée par la blogosphère, par les élans de mode qui s’y créée, par des jolis coupons sur lesquels notre coeur a flanché, ou sur un patron qui ferait tellement bien sur nous, nous ne cousons pas à bon escient. Car n’oublions pas la vertue première d’un vêtement : être portée.

Un vêtement qui reste dans les placards est aussi utile qu’une tapisserie, autant faire des canevas, n’est-ce pas !

Ce projet s’interroge donc sur ce qui nous va, tant en matière de morphologie (quels patrons sont les plus adéquats ?), qu’en matière de palette de couleurs.

Souvent les couturières (et moi la première) sont attirées par les robes “de gala”. Les jolies robes qui nous mettent en valeur et nous font sentir princesse. Seulement les jolies robes, on ne les met pas forcément tous les jours. Nous portons souvent des basiques et ce sont les basiques, aussi jolis soient-ils qu’il faut privilégier dans sa garde-robe. Tasia, la créatrice de Sewaholic a trouvé une jolie expression : “too much frosting and not enough cake

Une des choses les plus percutantes que j’ai lue, dite par Eléonore est “faire le deuil”. Pouvoir regarder une robe, tout aussi jolie qu’on la trouve, décider que non, elle n’ira pas sur nous. Idem pour les sacs, idem pour les chaussures.

Nous sommes toutes différentes, certaines grandes, d’autres petites, d’autres avec une poitrine généreuse, d’autres plus menues. Peu importe la façon dont nous sommes, il y a forcément des vêtements qui nous mettent en valeur, le tout c’est juste de choisir les bons. Et d’enterrer ceux qui ne sont pas flatteurs sur nous, définitivement !

Alors depuis peu j’ai renoncé à me coudre des vêtements, trop compliqué pour moi, et ce qui m’enthousiasme avant tout c’est la broderie… Deux énormes déceptions tissus à mon actif (un problème de couleur et un problème d’élasticité) m’ont vraiment refroidie. Et puis concrètement je n’ai pas besoin de vêtements…

Oui vraiment.

Mais ça, c’est parce que depuis quelques années j’ai du Dominique Loreau dans ma bibliothèque, grâce à mon amie Peggy (merci Peg !!).

Pour Dominique Loreau et les tenants de la simplicité volontaire, le moins on de possessions matérielles et le plus on vit simplement, et donc bien.

Démonstration

En pratique ce que je fais concrètement pour les vêtements :

– je trie : ce que je ne mets jamais, je donne, ce que je mets de temps en temps (hiver, grandes occasions) je range dans une caisse, si d’une saison à l’autre ce n’est pas sorti, je donne/vends.

– les pièces qui restent : si elles sont abîmées et pas réparables, elles partent en chiffons ou en création textile.

– aucune pitié pour ce qui ne me met pas en valeur, ça fera d’autres heureux. Et tant pis pour l’argent dépensé, j’apprends de mes erreurs, et depuis 3 ans, avec le point suivant, il n’y a plus trop de soucis de ce genre.

– rationnaliser les achats : un ou deux achats par an, C’EST TOUT. Ca pourrait être la même chose en les cousant. Seulement je réfléchis très en amont à ce dont j’ai besoin, vraiment besoin (quitte à rayer de la liste), et je cherche les bonnes occasions dans de la très bonne qualité. Par exemple l’année dernière j’ai acheté un manteau, cette année des bottes et des bottines fourrées. L’année prochaine se sera un pull ou un gilet en laine.

– en n’achetant que de la très bonne qualité (mais en soldes, en VP, voire seconde main) je suis sûre que le stock que j’ai va durer.

Ce que j’y gagne :

–  je suis bien dans mes fringues, elles me vont bien, me mettent en valeur et je me trouve belle dedans

– je ne dépense pas beaucoup d’argent, un pull en cachemire vaut 100 euros mais si c’est LA seule dépense de l’année, c’est complètement abordable.

Cette année j’ai dépensé 250 euros : 100 euros, pour mes bottes et bottines.  J’ai également acheté deux robes en soie, 100 euros également, de magnifiques robes Firoz de Takla Makan, une “petite” marque qui mériterai d’être plus connue tellement les robes sont superbes, dans des tissus sublimes, et équitables.  J’ai malheureusement fait un fashion faux-pas (oui, ça m’arrive toujours !) qui va bientôt être redispatché – 50 euros, gloups.

– je ne suis que très peu tentée, par les magasins, par les pubs… Je sais très bien que dans une boutique je vais perdre mon libre-arbitre et me laisser influencer par des critères autres que mes besoins, ou ce qui me va vraiment. Je n’y mets donc plus les pieds, et j’avoue ça ne me manque pas. Pour la couture c’est pareil, autant je me laisse à rêver d’une pièce ou d’une autre, pour me rendre compte qu’au final je ne la porterai pas.

– je gagne un temps fou le matin : j’ai une dizaine de robes, un jean, une quinzaine de hauts, 2 pulls et 2 gilets. Et tous les matins (ou le soir quand je prépare mes affaires) je peux préparer mes vêtements en 3′.

Je n’ai jamais le syndrome du rien à me mettre ! Mes vêtements sont intemporels, en dehors de toute mode, ils s’assortissent entre eux.

Après tout ça, je le décline à l’envie. J’ai arrêté d’acheter du maquillage “comme ça” il y a deux ans, et à part du mascara rendu à court, je n’ai rien racheté. A quoi ça sert d’avoir de tout, en trop grande quantité et d’en jeter, gaspiller une grande partie. Je préfère garder mon argent pour d’autres choses : les voyages, les loisirs en famille, tout en prenant beaucoup de plaisir à me maquiller tous les jours, avec ce que j’ai déjà.

Les livres, on les emprunte en bibliothèques et je vends régulièrement des livres pour faire de la place. En gardant les références, les anglophones, les coups de cœur. Je n’achète pas de Dvds, de CDs (seulement les coups de cœur), on emprunte également à la médiathèque, et nos étagères restent modérément pleines. Bien sûr un artiste qu’on a envie de soutenir, un film qui nous fait à tous les quatre envie (la Mécanique du Cœur par exemple), on se les offrira, mais parce qu’ainsi on participera aussi à ce que ces artistes nous offrent.

En fonctionnant avec beaucoup moins, on se laisse moins le choix. C’est ainsi que vient la simplicité. Je me dis que finalement dans notre société qui prône l’abondance, elle est ennemie du bien.  Et cette simplicité à laquelle j’aspire et je tends j’y goûte de plus en plus.

Exemple pratique :  ces deux vêtements. Concrètement je les ai acheté sur un seul critère et un mauvais critère : le tissu. Je le trouve magnifique dans les deux cas. Du coup comme je n’arrivais pas à les donner, je les ai gardé pour le tissu. Avec ma fille on a pris un découd-vite chacun et on a passé 2 fins de soirée à dépiauter toutes les coutures. La jupe va se transformer en coussin. Le tissu de la robe va me servir à un tableau textile, et la doublure, à bidouiller. 

Monsieur le Chat n’est ni donné, ni jeté, ni dépiauté, c’est juste qu’il est formidablement attiré par tout tissu/vêtement posé à terre ^_^

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12 thoughts on “Quand la Simplicité volontaire rejoint The Wearability Project

  1. J’ai l’impression que tu n’as pas eu besoin de qui que ce soit sur la blogosphère pour te poser des questions et adopter une démarche réfléchie par rapport à tes vêtements mais aussi ta manière de consommer en général. Heureusement, il y a encore des blogueuses qui réfléchissent par elles mêmes sans adopter tous les comportements à la mode.

  2. RE-bonjour, je suis probablement (certainement) plus âgée, mais aussi plus baba- cool et très années 68, je ne suis pas dépensière, sauf en livres, je déteste faire les magasins, les courses, d’ailleurs, je vis à la campagne, je suis quasi végétarienne,je fais mon pain, ma cuisine, surtout indienne, car je suis née en Afrique et ma maman baroudeuse ne cuisinait qu’exotique et en inde, j’ai fait 2 stages; le proper des indiens, ne cuisine que des produits frais (c’est un principe de l’ayruvédique!) et au dernier moment, savoir magnifier l’humble chou-fleurs par exemple.
    Les caddies pleins lors des fêtes de noel me dégoutent, les gens ont oublié le SENS des fêtes…
    aussi, cet article, comme tant d’autes m’a interessée. Bravo pour ton propos!

  3. je suis complètement dans la même logique que toi : je ne fais plus du tout de shopping, sauf pour les sous-vêtements et les chaussures. Pour ma fille, je n’achète que de l’occas, soit dans mon bric à brac fétiche, soit en dépôt vente, soit dans les vide-greniers. J’ai craqué récemment pour du tissu au marché, mais que des imprimés mettables, basiques qui me serviront à faire des pièces que j’espère intemporelles… ça fait du bien de lire des posts comme le tien ^^

  4. Cet article fais vraiment du bien. j’ai été comme beaucoup à me chercher à avoir du style et trop de fringues. Et a un moment trop c’est trop. Je crois que le déclic c’est justement quand on ne trouve plus rien à se mettre, et voir des gens faire des crédit pour un sac main ou un téléphione quoi. ouhou mais ou va-t-on?
    Depuis des années je trie mes fringues 2 fois par an qui sont lavé repassé et donné à une association. Si j’achète c’est pas un coup de tête, j’ai déjà des chaussures et accessoires qui vont avec, sinon c’est la chaine d’achat qui démarre. Quand je coud je met, sauf quand c’est historique… et je commence à ne plus m’attacher à tout ça.
    Les vetements, même de soirée, sont fait pour etre porté et non pour dormir dans un placard. Je raconte ma vie mais je trouve que nos générations ont besoin de beaucoup posséder des choses qui finalement sont peu importante et bouffent notre bugdet. Travailler avec des personnes agées m’a ouvert sur l’important.. 😉

    • C’est marrant car je reviens des US et là-bas, j’ai l’impression que c’est encore pire. Il faut “absolument avoir” !
      L’avantage d’avoir des enfants, c’est que si je leur demande de débarrasser, je ne peux pas moi rester encombrée, et du coup on apprend à faire des choix, et ça fait un bien fou 🙂 Le luxe c’est ça en fait, avoir le choix de dire non, et d’avoir de l’espace…
      Merci pour ta réflexion 🙂

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